Intervention de Marco Ferreira
Monsieur le Maire,
Tout le monde, dans cette assemblée, a perçu votre agacement à la suite de notre simple rappel au règlement. Un rappel au règlement, pourtant, n’est rien d’autre que l’expression normale des droits de l’opposition dans une démocratie locale apaisée.
Vous ne nous décevez jamais lorsqu’il s’agit de confirmer une certaine conception du pouvoir : celle où la contradiction dérange davantage qu’elle n’enrichit le débat.
Réduire à 1 414 caractères l’espace d’expression de l’opposition dans le PARLONS n’est pas un détail de mise en page. C’est un signal politique.
Car lorsqu’une majorité commence à compter les mots de son opposition, c’est rarement par souci de typographie. C’est souvent parce qu’elle accorde trop d’importance à ce qui pourrait être écrit.
La République ne garantit pas seulement le droit de parler. Elle garantit aussi le droit d’être entendu. Une majorité municipale solide n’a pas peur de quelques lignes contradictoires. Elle les accepte, parfois les combat, mais elle ne cherche pas à les réduire.
L’ironie de votre décision est d’ailleurs remarquable : moins vous nous laissez d’espace, plus chacun s’interrogera sur les raisons qui vous poussent à le restreindre. Moins vous nous laissez de mots, plus chacun d’entre eux portera.
Quant à la légalité de cette décision, qui nous semble aussi contestable en droit qu’elle est regrettable en politique. D’autres pourraient se prononcer sur cette question.
Nous nous contentons de vous renvoyer à votre discours d’installation. Vous y évoquiez avec emphase « le débat démocratique », « l’écoute » et « la confrontation des idées ».
Comme souvent en politique, les discours passent. Les actes, eux, restent.
Je vous remercie
Intervention d’Eric Bourdet
Messieurs les élus
Pour compléter les propos ciselés de Marco Ferreira, nous regrettons qu’avec ce règlement, article après article, par petites touches, vous réduisez nos droits, vous limitez nos possibilités d’expression, vous encadrez nos interventions, jusqu’à en confisquer l’esprit même. Cette orientation politique est honteuse.
C’est pourquoi nous voterons évidemment contre ce règlement intérieur, digne d’une dérive autocratique.
Je vous remercie.
